Cigarette électroniqueC’est l’une des inquiétudes les plus débattues dans le domaine de la santé publique.

Est-ce que les cigarettes électroniques sont une bonne alternative pour les fumeurs qui essaient d’arrêter de fumer ? Ou existe-t-il des dangers potentiels pour les utilisateurs et les autres pouvant uniquement survenir après plusieurs années de recherche ?  

Certains experts dans le domaine de l’arrêt du tabagisme ne jurent que par elles ; d’autres ne veulent pas en entendre parler.

Désormais, une directive de l’Union Européenne a ajouté une nouvelle dimension au débat.

Le 20 mai, la mise à jour de la directive sur les Produits du Tabac en UE a pris effet. Pour la première fois, les cigarettes électroniques seraient incluses à son champ d’application.

Elles contiennent de la nicotine mais la vapeur, produite en réchauffant un liquide parfumé, est bien plus sûre à inhaler que la fumée du tabac, pour ce qu’il se dit du côté de la santé publique britannique et d’autres autorités.

Publicité en ligne interdite

La directive interdit que le liquide utilisé dans ces produits soit contenu dans des bouteilles de plus de 10ml et que les réservoirs de stockage des dispositifs excèdent les 2ml.

La logique voudrait que les personnes qui ne sont pas des utilisateurs de e-cigs aient besoin d’une meilleure protection s’ils sont en contact avec les dispositifs, par exemple les enfants qui renversent ou ingurgitent le liquide accidentellement.

Beryl Keeley de l’agence réglementaire des produits de santé et médicaux, responsable de la mise en place de la directive, explique la logique qui se cache derrière tout ça :

"Il existe des risques potentiels quant à l’exposition des produits auprès des enfants, tels que l’intoxication et l’overdose", déclare-t-elle, et nous avons besoin de garantir que "les personnes aient des informations à disposition afin de pouvoir effectuer un choix informé – la directive établie également des normes de qualité et de sécurité."

Retour au tabac ?

Mais certains se sont demandé pourquoi les cigarettes électroniques devaient être incluses dans des produits liés au tabac, alors qu’elles ne contiennent pas de tabac.

Les fabricants, tels que Totally Wicked, situé à Blackburn, déclarent que les nouvelles règlementations toucheront considérablement leurs activités.

Le directeur général de l’entreprise, Fraser Cropper, qui a essayé, mais échoué, d’obtenir un abandon des nouvelles lois par la Cour Européenne et déclare que les consommateurs seront perdants :

"Notre activité changera considérablement. Nous ne serons plus en mesure de vendre la gamme de produits que nous vendons actuellement. Ceci restreindra considérablement la variété de liquides que nous vendons à nos clients."

Certains experts du domaine de la santé publique croient que la réduction du choix sur le marché de la cigarette électronique peut pousser les gens à revenir au tabac.

Danger

Dans une clinique de Leicester, les fumeurs sont encouragés à essayer les cigarettes électroniques avec d’autres produits, tels que des chewing-gums à la nicotine, pour les aider à arrêter de fumer.

Louise Ross, directeur du Service Leicester Stop Smoking, s’inquiète au sujet de la réaction de certains quant aux cigarettes contenant moins de nicotine :

"Je pense que le danger est qu’ils recommenceront à fumer s’ils ne sont pas satisfaits de la force du liquide et de la grandeur des réservoirs. Ils pourraient recommencer à fumer car c’est bien plus facile d’acheter des cigarettes. Elles sont toujours là."

Certains militants anti-tabac sont d’accord avec la directive de l’UE. Deborah Arnott, directrice générale d’Ash, a déclaré :

"Nos recherches montrent que la plupart des vapoteurs utilisent moins de nicotine que la limite établie par les nouvelles règlementations de l’UE et sont susceptibles de remplir leurs dispositifs uniquement deux ou trois fois par jour. Les inquiétudes quant au fait que les règlementations de l’UE forceraient le retrait du marché des produits que la plupart des vapoteurs utilisent semblent exagérées."

Le débat sur les e-cigs est loin d’être terminé. Certains argumentent sur le fait que nous n’en savons pas encore suffisamment sur les impacts sanitaires des cigarettes électroniques au fil du temps, et qu’il est donc trop tôt pour leur donner feu vert. D’autres déclarent que trop de règlementations réduira le nombre de personnes qui souhaitent arrêter de fumer.